PEUGEOT ET PIERRE HARDY : UN CONCEPT-CAR ET UNE CONCEPT-SHOE | Média Peugeot France

PEUGEOT ET PIERRE HARDY : UN CONCEPT-CAR ET UNE CONCEPT-SHOE

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jeu, 15/09/2011 - 12:00
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Le Concept-Car Peugeot HX1 présenté au Salon automobile de Francfort s’accessoirise d’un Concept-Shoe développé avec Pierre Hardy.

De la rencontre entre Gilles Vidal, Directeur du Style Peugeot, et du créateur de chaussures Pierre Hardy, découle l’association d’une automobile pensée comme un modèle haute couture et d’un soulier au développement high-tech. Deux créations inédites résultant d’une commune vision du style ; un goût affirmé pour des lignes pures, graphiques et dynamiques.

Une volonté d’envisager le design autrement.



Peugeot HX1 un Concept-Car tout en métamorphoses

 

Projecteur félin, lion griffé au capot, la Peugeot HX1 s’inscrit dans l’esthétique propre de la marque au Lion. Les lignes sont élégantes, vives et racées. Prête à bondir, le modèle développe une esthétique en mouvement. Pour améliorer son aérodynamisme le véhicule change de morphologie à grande vitesse, les jantes des roues se déploient pour obtenir une surface plane sur laquelle glisse l’air et un becquet pointe à l’arrière du véhicule à plus de 100 km/h.

Les quatre portes à ouverture inversée de ce monospace bas, au plus près du sol, donnent sur un habitat développé en deux zones. Un espace de conduite concentré et sportif à l’avant et un agencement luxe et apaisant pour l’arrière. Doté de métal brossé, d’afficheurs de tableau de bord digitaux, d’une ambiance sombre, l’avant est traité pour satisfaire la conduite. Digne d’une limousine futuriste, l’arrière se pare de fauteuils en cuir patiné blanc, d’un plancher en chêne naturel veiné de Leds, d’un minibar ainsi qu’une machine à café. Si besoin est, deux sièges escamotables, imbriqués dans ceux de l’avant, peuvent se déployer, permettant ainsi de faire passer le véhicule de quatre à six places. Hybride, la Peugeot HX1 l’est jusque dans ses moindres détails.

 

Le Concept-Shoe HX1 : un soulier deux en un.

Les recherches esthétiques et conceptuelles du véhicule ont inspiré à Pierre Hardy une chaussure deux en un se métamorphosant. Un chausson de conduite en cuir souple, pouvant faire office de bottine portée la journée dans la rue, qui, le soir venu, se glisse dans une sandale à plateau et talon lame en fibre de carbone.

Les recherches technologiques d’avant-garde du centre de recherches de Peugeot ont permis à Pierre Hardy d’élaborer ce monocoque futuriste que l’industrie de la chaussure n’autorise pas encore. Les coloris, noir pour le chausson, chrome pour la sandale, reprennent les tonalités du poste de conduite du Concept-Car.

 

 

 

Regards croisés sur le design.

Conversation entre Gilles Vidal et Pierre Hardy sur la genèse d’un projet décalé, un véhicule équipé d’un soulier.

 

Quelle est la genèse de ce projet ?

Gilles Vidal : «Des univers créatifs, comme l’automobile et la mode ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre, nous souhaitions échanger à travers un projet commun.»

Pierre Hardy : «Voiture et chaussure ont un peu la même fonction, il s’agit dans les deux cas de se déplacer, d’avancer.»

 

Les collaborations entre artistes, designers et griffes de modes sont aujourd’hui répandues, hormis quelques interventions artistiques sur des carrosseries, l’industrie automobile n’est pas encore véritablement rompue aux échanges transversaux. 

Gilles Vidal : «Le design compte de plus en plus dans le succès d’un modèle automobile et pour avancer, il nous est nécessaire de sortir de nos logiques propres, d’hybrider les idées, les concepts et les esthétiques.»  

Pierre Hardy : «Ce qui m’intéressait dans cette collaboration, c’est que l’on m’a demandé de réaliser une chaussure. Quelque chose qui relève de mon domaine de compétence, et non pas de dessiner une voiture. Les rencontres d’univers créatifs ne me semblent justifiées que si elles s’opèrent dans le respect de ce que chacun maîtrise. Les designers d’objets qui tâtent de la mode comme les stylistes qui se piquent de mobilier engendrent le plus souvent des résultats catastrophiques.»

 

Véhicule et soulier découlent d’un concept  commun.

Gilles Vidal : «Concept-Car et Concept-Shoe sont articulés autour de contrastes forts entre ergonomie et dynamisme, confort et élégance, mobilité et beauté plastique. Chacun à sa manière répond à ces questionnements en «morphant», pour s’adapter à différentes situations. La carrosserie de la voiture se métamorphose à grande vitesse pour améliorer son aérodynamisme, l’intérieur évolue suivant les besoins de quatre à six places. Il en va de même pour la chaussure qui s’adapte au mode de vie. Nous avions remarqué que les femmes qui portent des talons disposent en général de petites baskets dans leur voiture pour conduire. D’où l’idée d’une recherche prospective autour de la chaussure avec Pierre Hardy.»

Pierre Hardy : «Je suis arrivé en amont sur le projet, le Concept-Car était déjà avancé. J’ai donc tenté de retranscrire tout ce que j’avais perçu de dynamisme, de modernité et de féminité - car ce véhicule répond à une esthétique ambiguë - dans une chaussure. Cela tourne autour d’éléments très simples : un intérieur, un extérieur, des parties souples - comme les sièges - pour le chausson, une partie rigide - comme la carrosserie - pour le sabot à talon. Cela s’est fait de façon vraiment intuitive.»

 

 

Concept-Car et Concept-Shoe développent des esthétiques hybrides.

Gilles Vidal : «A partir du moment où l’on veut exprimer plusieurs choses sur un même véhicule, et le Concept-Car fusionne des aspects formels de la limousine, de la voiture de sport et du monospace, plutôt que de faire des compromis mous, mieux vaut opter pour des contrastes qui s’assument.»

Pierre Hardy : «Idem pour le Concept-Shoe entre chaussure du soir et chausson de conduite, talon haut et semelle plate, matières rigides et souples... La modernité découle aujourd’hui de la mise en tension de contrastes. Cela touche tous les domaines, du design à la mode, en passant par l’architecture, jusqu’à l’art contemporain.»

 

Qu’est ce qui vous a séduit dans ce projet ?

Gilles Vidal : «Travailler avec Pierre Hardy nous a amené à penser autrement. En tant que designers industriels nous aurions par exemple instinctivement développé un rangement spécifique à l’intérieur du véhicule pour la chaussure, mais l’élégance ultime étant pour une femme de jeter ses souliers à même le sol, nous y avons renoncé. C’est une attitude très mode ; nous avons rebondi sur l’univers de Pierre Hardy.»

Pierre Hardy : «Ce projet m’intéressait en ce que l’industrie de la chaussure ne relève pas de la haute technologie, nous pratiquons de l’artisanat de luxe. La chaussure demeure un objet Low-Tech par rapport à l’automobile. Le développement ne met pas en jeu l’ordinateur ; je dessine mes croquis à la main. Je travaille avec des matériaux classiques comme le cuir et la fabrication demeure en grande partie manuelle. Avoir accès à la technologie de la fibre de carbone m’a permis de déterminer une forme en monobloc que je n’aurais pas pu expérimenter dans mon système de fabrication habituel.»

 

Gilles Vidal et Pierre Hardy en quelques mots.

Gilles Vidal

Directeur du Style Peugeot depuis janvier 2010, Gilles Vidal a mené sa carrière au sein du Groupe PSA. En 1996, à peine diplômé de l’Art Centre College of Design de Vevey (en Suisse), il intègre Citroën où il intervient notamment sur la Xsara Picasso. Il est nommé en 2009 responsable des Concept-Cars Peugeot avant d’être promu directeur du style en 2010. Il s’emploie depuis à insuffler vigueur et élégance à la griffe au Lion. Adepte de lignes pures et de formes racées, il inscrit son esthétique dans la lignée du coupé 505 des années 70 qui lui est cher. Gilles Vidal peut compter sur une équipe de 170 collaborateurs pour l’épauler dans sa démarche.

 

Pierre Hardy

Pierre Hardy propose depuis 1999 des collections de chaussures à son nom. Des modèles graphiques mais sensuels qui séduisent Nicole Kidman, comme Uma Thurman et Kate Moss. Ses influences sont à chercher du côté du design, de l’architecture, voire de l’art conceptuel. Il décline des modèles féminins, masculins, des sneakers mixtes, mais aussi des sacs et de la petite maroquinerie. Parallèlement à ses collections en nom propre, Pierre Hardy dessine les souliers et la joaillerie de la maison Hermès. Il élabore également les collections de chaussures Balenciaga.

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